OSTEL 1917

    Le secteur repasse sous le contrôle de la 6e Armée à partir 20 janvier 1917 (158 et 127eDI).

Les alliés préparent une nouvelle offensive sur l'Aisne pour le début d'année: l'idée est d'enfoncer le front en concentrant un maximum de troupes et d'artillerie sur une petite partie du front.

Les allemands sont rapidement au courant de ce plan en voyant l 'accroissement de l'activité à l'arrière du front par l'observation aérienne et par la réalisation de coups de mains permettant d'interroger des soldats français.

Ils décident de réaliser un repli stratégique sur une partie front pour diminuer la longueur de ce dernier et réduire le nombre d'unités nécessaires à le tenir

 

Mars 1917 : Repli stratégique allemand derrière la ligne Hidenburg

18 mars : repli stratégique allemand devant Soissons

    Les français progressent sur une ligne Fort de Condé-Moulin de Laffaux-Vauxaillon. Entre Vailly et Soupir, par contre les allemands maintiennent leur position car elle est très favorable à tenir (hauteurs au-dessus de l’Aisne).

L’activité se concentre essentiellement sur le secteur de gauche au niveau de Laffaux pour essayer de repousser les allemands mais ces derniers sont retranchés solidement dernier la nouvelle ligne de front =ligne Hindenburg

 

    Le plan prévoit une concentration maximale de forces sur 30 km de front. Le terrain doit être préparé par un bombardement d'artillerie massif chargé de détruire les premières lignes allemandes. Ensuite, les troupes d'infanterie doivent s'élancer protégées par un feu roulant d'artillerie. Ce plan ne tient pas assez compte du terrain qui est très défavorable : les troupes françaises se situant en contrebas et devant se lancer à l'assaut de pentes fortifiées. D'autre part, le bombardement sur 30 kilomètres de front ne peut être aussi dense que lorsqu'il s'agit de prendre un fort.

 

Avril 1917 : Préparatifs de l’offensive du 16 avril 1917

    L’artillerie commence début avril des tirs de destruction des lignes allemandes qui durent jusqu’au jour de l’offensive générale. Côté allemand,  Des divisions de réserve sont massées à l’arrière du front au niveau de Filain et Braye. Les contreforts du chemin des dames étant truffés de souterrains, creutes, d'abris et de sapes qui s'ouvrent sur les pentes boisées en bordure du plateau du Chemin des Dames. 

Le secteur de Chavonne n’échappe pas à la règle : Les Grinons, le Mont Sapin, le bois des bovettes sont autant de zones "truquées" qui sont mentionnées dans les historiques régimentaires et dans lesquels se sont enterrées les troupes allemandes en attendant l’offensive du 16 avril 1917.

La 1ere ligne allemande est détruite par contre les 2e et 3e lignes demeurent intactes, les allemands se réfugient dans les carrières. Cependant, l'artillerie lourde française cible ces dernières et certains plafonds sont percés rendant ces dernières inhabitables comme par exemple la "Prinz-Heinrich-Hohle à Ostel.

    Le secteur situé entre Vailly-sur-Aisne et Soupir doit être pris et tenu par les 127ème et 56ème divisions d’infanterie.

De gauche à droite : — le 355ème RI avec pour objectif le Panthéon et la Malmaison via la Cour-Soupir et Ostel. — le 172ème RI,  qui doit marcher vers la ferme de la Cour-Soupir. — le 106ème RI doit prendre la Croix sans tête et le 132ème RI va conquérir la ferme de Froidmont.

Ils sont appuyés par de nombreux bataillons de Chasseurs (25,27,65,69...BCP)

Côté allemand , la 25e Division de Landwehr (LDR13 LDR16, LDR328 FAR254 renforcée ,par l'IR186 depuis mars 1917) fait face aux francais devant Vailly et Chavonne depuis octobre 1916.

A sa gauche, c'est la 183eDI (IR418, IR184, RIR440,, FAR183,FAR60) qui occupe le secteur de Soupir-Braye. 

Les conditions météorologiques sont terribles quand commence l'offensive. En ce printemps 1917, il fait très froid et il neige même le 16 avril. Le 17 avril, la pluie tombe d'une manière quasiment continue et rend le terrain très boueux. C'est surtout le mauvais temps qui gêne les préparations d'artillerie dont les objectifs visés ne seront pas toujours atteints. 

Le 16 Avril à l'heure H, derrière le tir de barrage, Les assaillants prennent facilement la première ligne allemande qui avait été désertée lors des bombardements mais sont ensuite bloqués dans leur élan par les lignes de défenses allemandes dans le pentes garnies d'abris , de réseaux de barbelés intacts et surtout de nombreuses mitrailleuses. Le pertes sont très lourdes

Le 18 avril,après deux jours de combats acharnés,  les principaux points de résistance finissent par céder (les Grinons, la Cour-Soupir, la caverne de Coblentz) provoquant le repli des allemands vers la ligne Siegfried sur le Chemin des Dames.

Le 172ème R.I atteint la pierre d'Ostel et se dirige vers Gerlaux.

Le 106ème R.I prend le village et pousse jusque Certeaux

Les jours suivants, les alliés, voyant que les allemands sont solidement retranchés derrière le Chemin des Dames, s'emploient à consolider les positions chèrement acquises.

les 19 et 20 avril, la 56e DI et la 127e DI sont relevées par les 12e et 166e DI.

Le bilan de l'offensive pour le 6e CA :

- 1941 prisonniers + 248 prisonniers blessés

- 72 pieces de canons, 46 minenwerfer, 64 mitrailleuses pris

- 669 tués, 2137 blessés, 452 disparus

L'offensive NIVELLE d'avril 1917: la 2eme bataille de l'AISNE

16 avril 1917

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Offensive française du 5 mai:

    Les alliés reprennent l'initiative  à partir du 5 mai.

la 12e DI reprend la ferme de Froidmont et la "Bascule" au nord de la ferme

A gauche, la 166e DI  avance également:

le 19eBCP  prend la chapelle Ste Berthe et la ferme St Martin,  le 294e RI atteint les Bovettes et ses carrières ainsi que la ferme du Pantheon, le 171e RI dépasse la ferme de la Royère mais est refoulé au sud de celle-ci par une violente contre-attaque allemande

l'offensive continue jusqu'au 7 mai sans changement majeur.

le bilan est de:

- 490 tués, 1522 blessés, 602 dispârus

- 2000 prisonniers (44 et 45e DR)

les 12e et 166e DI sont relevées par les 56 et 127e DI  entre le 8 et 10 mai.

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Offensives allemandes des 14, 17 et 25 mai

    Le 5 mai, à partir de 19h15, les allemands attaquent.

à gauche , le 172e RI résiste au niveau du Pantheon. Par contre, au centre, le 29e BCP, anéanti par un très violent bombardement, doit reculer au sud de la chapelle Ste Berthe.

Du 15 au 16, la 56e DI est relevée par la 39e DI.

Le 17, nouvelle attaque allemande sans changement.

du 20 au 22 mai, la 127e DI est relevée par la 166e DI

le 25, les allemands attaquent la position des Bovettes tenue par le 294e RI. Ils reprennent temporairement les carrières pour en être chassés le jour même par le 294e RI qui subit de très lourdes pertes (500 hommes)

 

Après l'offensive d'avril-mai française, le front n'est pas stabilisé.Il fait l'objet de nombreuses attaques locales allemandes visant à récuperer certains points

importants stratégiquement (observatoires de la vallée de l'Aisne pour les allemands, de la vallée de l'Ailette pour les français).Les premiers lignes sont

 régulièrement bombardées de part et d'autre ainsi que les bases arrières bien connues des allemands qui les avaient occupées pendant 3 ans. Les troupes sont très éprouvées par ces bombardements et attaques ou coups de mains incessants; elles doivent donc être relevées régulièrement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Offensives allemandes des 22 juin et 8 juillet;

    Le 22 juin, attaque allemande et nouveau progrès malgré les contre-attaques françaises.

Le 8 juillet, les allemands lancent une attaque de forte ampleur sur un front de 4 km du Panthéon à l'épine de Chevregny et prennent les tranchées de 1ere ligne françaises facilement  (tranchée de la Gargousse  et de la Balle face à Certeaux et la Royère) . Ils se lancent ensuite sur la 2e ligne mais se heurtent à la résistance française.

Les troupes françaises (129e DI), exténuées par des bombardements incessants de Minenwerfers et d'artillerie lourde sur leur première ligne, avaient évacuées cette tranchée la veille en prévision de cette attaque pour se concentrer sur les tranchées de 2e ligne (tranchée de Scutari, du Couteau et  de la Dragonne).

Cette attaque du 8 juillet  laisse des traces des deux côtés. Côté français, on a perdu 1300 hommes dont 500 pour le  359e RI.

Certains disent que Verdun en juin 1916 était moins dur!

 

La déception de l'échec de l'offensive d'Avril sur le Chemin des Dames et le pourrissement de la situation le long de la ligne SIEGFRIED où l'insécurité est permanente (nom de la ligne Hindenburg dans le secteur), le manque de permissions, la connaissance de la révolution russe amènent une partie des troupes à réaliser des actes de mutineries comme diffuser le pacifisme dans les lignes, molester des officiers , refuser de se lancer à l'assaut...

Le Général PETAIN ayant remplacé le Général NIVELLE, les arrête, au prix d'une très forte répression mais aussi en améliorant l'ordinaire du soldat et en arrêtant les grandes batailles frontales: " On attend les chars et les américains ".

En attendant, il décide de lancer des attaques à objectif limité commes la bataille de LA MALMAISON du 23 octobre.

 

    Cette attaque sur un front de 10 km  entre VAUXAILLON et LA ROYERE , est appuyée par 2000 pièces d'artillerie.

voir le blog de la chapelle Ste Berthe

Les allemands perdent 50 000 hommes (tués et blessés) et 10 000 prisonniers sont faits par les français.

Cette attaque très violente oblige les allemands à se replier derrière l'AILETTE


Le 39e CA occupe et aménage le nouveau secteur jusqu'au 18/12/1917 puis est remplacé par le 11e CA  (21eDI). Le front devient plus calme et est choisi par le Haut Commandement Français pour accueillir les nouvelles troupes améicaines  en fin de de formation

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la bataille de La Malmaison